Mes recettes

Comme les blogs culinaires sont ceux qui marchent le mieux, j'ai décidé de publier moi z'aussi certaines de mes recettes sur ce p'tit blog, en voici la véritable recette de la tartine de stoemp suivie de la recette de la moule meunière (pour les lendemains de moules et frites).

La véritable recette de la tartine de stoemp



Voici une recette assurément simple mais qui permet néanmoins d’approcher d’une manière subtile et puissante les mystères de la magie des interfaces.


Ingrédients
- un fond de casserole de stoemp (pour les non-bruxellois, voir “stoemp” en fin de texte)
- une bonne grosse tartine de pain gris
- une bonne “klouche” de beurre (pour les non-bruxellois, voir “klouche” en fin de texte)
- une tranche de jambon cuit (de grâce, pas trop ”light”)


Préparation
- beurrer généreusement la tartine et laisser le beurre imprégner la mie du pain à température ambiante.
- Faites revenir le stoemp dans un fond de beurre, pour obtenir un stoemp chaud avec une légère amorce de “croutage périphérique” mais pas trop.
- Une fois le stoemp prêt, l’étaler généreusement sur la tranche de pain
- et enfin, la “final touch”: la tranche de jambon sur le stoemp chaud !


La magie des interfaces
Au contact du stoemp chaud, le beurre va fondre et imprégner le pain. Ceci va conférer à l’interface pain-stoemp une inimitable consistance onctueuse et fondante. Mais le véritable prodige se produit en fait à l’interface stoemp-jambon: c’est en effet à ce niveau que la chaleur du stoemp va tiédir et faire légèrement suer  la tranche de jambon ce qui va opérer un effet proprement transcendantal sur celle-ci.

Bon appétit ( si vous avez apprécié, n'hésitez pas à réclamer la publications d'autres recettes)


Petit lexique culinaire bruxellois:


“Klouche”
Mesure d’une quantité difficilement convertible sur base des étalons usuels mais qui évoque
assurément une quantité généreuse ( laquelle peut encore être accentuée lorsqu’on parle d’une “bonne klouche”)


“Stoemp”


Le stoemp est une potée de légumes à base de pommes de terre, un des grands classiques étant par exemple la stoemp aux épinards (“spinogestoemp”). Tous les bruxellois vous le diront: c’est encore meilleur réchauffé (d’où la notion de “stoemp du lendemain”), le stoemp s’accompagne magnifiquement de saucisses ou de lard, ou encore des deux (on parle dans ce cas de stoemp “royal”).



La moule meunière


Avant d’aborder la recette de la moule meunière proprement dite, parlons un peu de la moule. Pour moi, LA moule, c’est bien sûr la moule de bouchot. Rien à voir avec les moules de Zélande, ces obèses cousines du nord flasques et tendineuses qui nécessitent de grandes louchées de sauce pour masquer leur pathétique fadeur et qu’il n’est possible de déglutir qu’à grand renfort de pils. Rien à voir non plus avec la géante moule espagnole dont le seul mérite gastronomique est de servir d’ornementation à la paella.

En fait, le secret de la moule de bouchot est qu’elle ne réside en mer qu’à temps partiel. En effet, qu’elle soit accolée aux piquets des fermes marines ou à même les rochers, la marée basse l’expose au grand air deux fois par jour. C’est cette alternance mer-air qui lui confère sa vigueur, qui explique sa petite taille et l’épaisseur de sa coquille.

C’est cette alternance qui la gorge des saveurs océanes dont sont dépourvues ses cousines du nord et du sud. Qui dit « moules » dit « moules et frites », le plat festif par excellence. Ce sujet étant abondamment traité par ailleurs, nous ne traiterons ici que du cas plus subtil et plus délicat de la « moule du lendemain ». Un fond de casserole de moules cuites trône sur la cuisinière : que faire ?
 Vous me direz qu’il suffit de les manger froides avec une petite sauce tartare ou mieux de les gratiner au fromage ou encore mieux (et limite scandaleux) au beurre à l’ail, mais il faut bien dire que nous restons là dans les grands classiques. Pour prolonger la jubilation festive du moules et frites de la veille, je vous propose… la moule meunière.



Ingrédients :

         Un fond de casserole de moules cuites de la veille

         Une assiette creuse de farine

         Quelques gousses d’ail

         De l’huile d’olive

Préparation

Après avoir décoquillé des moules, les rouler généreusement dans la farine et réserver. Couper ensuite l’ail en lamelles (l’idéal est l’ail fumé dont la senteur majuscule emplit la cuisine). Faire revenir les lamelles d’ail dans l’huile d’olive pour obtenir des croutons dorés et ensuite faire revenir les moules enfarinées (si quelques branchounettes de céleri de la veille restent présentes, c’est tant mieux). Et voilà, c’est prêt ! un petit verre de muscadet bien frais, une petite sauce tartare et c’est bon.



Variantes plus sophistiquées

Faire revenir, après l’ail et avant les moules, quelques rondelles de courgettes. Il est aussi  possible d’ajouter (en fin de cuisson des moules) quelques tranches d’une bonne tomate. Servir le tout saupoudré d’un parmesan râpé et voilà une moule du lendemain honorée de toute l’attention qu’elle mérite.

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